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Publié le 14/10/2026 à 10:30:12 par Neper
Google sert des SERP dégradées aux rank trackers depuis septembre
Le feuilleton « Google contre les scrapers » continue, avec un nouvel épisode inédit.
Il est clair que les acteurs de type outils SEO/GEO se multiplient, et qu’en résultat une bonne partie du trafic que reçoit Google n’est plus du trafic humai, mais du trafic de bots qui cherchent à aspirer ses pages de résultats. N’oublions pas certains outils d’IA qui ont besoin des SERPs de Google pour améliorer leur Algo, leur grounding et leurs citations…
Le 10 octobre 2026, l’éditeur américain Nozzle a publié l’analyse de 27,5 millions de SERP collectées dans 49 pays entre le 20 août et le 9 octobre.
Depuis le 13 septembre, 8,0 % de ces pages contenaient des résultats qui ne correspondaient pas à l’historique du mot-clé, contre 0,17 % auparavant. Du 27 au 29 septembre, la proportion a dépassé un quart des SERP collectées. Ces pages ne portaient aucune erreur et aucun captcha. Elles avaient le gabarit habituel de Google, mais les sites qui s’y trouvaient n’étaient plus les bons.
Sistrix et le danois Morningscore observent le même phénomène sur leurs propres collectes. Le second a fait la vérification qui manquait : au même moment, les mêmes requêtes lancées dans un Chrome ordinaire affichaient les résultats normaux.
Google sert donc aux bots des pages différentes de celles que voient les internautes.
Une partie des chutes de positions que vos outils ont enregistrées entre le 20 septembre et le début octobre n’a jamais eu lieu.
Ce que Google renvoie aux robots qu’il repère
Nozzle qualifie une SERP d’empoisonnée (poisoned SERP) quand deux conditions sont réunies :
- Moins de la moitié des sites habituels du mot-clé y figurent.
- et ces sites réapparaissent ensuite sur une collecte ultérieure.
Les « sites habituels » sont ceux présents dans le top 10 sur au moins 60 % des collectes de la période de référence, du 20 août au 9 septembre.
Sur une page de ce type, les résultats organiques ne conservent en moyenne que 20,7 % des sites de la collecte précédente, contre 88,5 % en temps normal.
L’exemple que publie Nozzle est parlant. Sur la requête « white label local seo », aux États-Unis, la SERP du 4 octobre listait des prestataires de SEO local en marque blanche. Celle du 7 octobre ne contenait plus aucun d’entre eux. À leur place : un outil de développement WordPress, un steakhouse du Wyoming, l’annuaire des services de santé des comtés américains et usa.gov. Le moteur semble avoir lu le mot « local » au premier degré.
Morningscore décrit la même chose sous un autre nom, des résultats tronqués. À partir du 24 septembre à 22 h 10 UTC, une part croissante de ses recherches renvoyait moins de 40 résultats sur six pages, au lieu d’une cinquantaine. La pagination s’arrêtait à la page 4 ou avant. Dans ces pages, 7,9 des 10 sites du top 10 précédent avaient disparu, contre 0,2 entre deux collectes normales.
Nozzle relève le même raccourcissement : sur les mots-clés desktop dont la pagination dépasse habituellement la page 8, 50,9 % des SERP altérées s’arrêtaient à la page 4 ou plus tôt, contre 0,2 % en période de référence.
Le terme « SERP empoisonnée » est peut-être contestable. Cela sous entend que Google fait exprès de donner de fausses informations aux scrapers, pour que les données qu’ils diffusent à leurs clients apparaissent comme inutilisable.
En pratique, cela ressemble plus à une version allégée de la SERP, plus facile et rapide à produire. Les résultats ne sont pas absurdes, ni même totalement inutilisables : ils sont moins précis.
Les annonces restent, les AI Overviews disparaissent
