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Publié le 19/10/2026 à 12:31:43 par Abondance
Search Console : les relances tapées dans l’AI Mode trahissent le trafic conversationnel
Ce qu'il faut retenir :
- D'après une étude de Jan-Willem Bobbink publiée le 14 octobre 2026 sur GSC Wizard, les réponses brutes tapées à une IA (« yes », « ja », « yes please ») apparaissent comme requêtes sur 94 des 155 sites analysés.
- Ces réponses sont passées de 5,6 à 116 occurrences par million d'impressions entre juin 2025 et septembre 2026, soit 21 fois plus, tandis que les questions de relance ont été multipliées par 39.
- Sur le site médian, la part des requêtes « de forme conversationnelle » est passée de 0,032 % à 0,22 % des impressions, mais elle reste marginale : 0,13 % de l'ensemble des impressions étudiées.
- Ces requêtes affichent un taux de clic de 2,9 %, contre 35,6 % pour l'ensemble des requêtes : une impression sur ce type de requête signale une page affichée dans une conversation, rarement une visite à venir.
Jan-Willem Bobbink cherche l’AI Mode dans les requêtes de la Search Console
Pour rappel, l’AI Mode est le mode de recherche conversationnel de Google, qui répond aux questions par un texte généré par IA et permet d’enchaîner les relances comme dans un chatbot. Google l’intègre bien dans les données de la Search Console (GSC), mais sans le distinguer du reste du trafic. Selon la documentation d’aide de Google citée par l’auteur, une question de relance posée dans l’AI Mode est comptabilisée comme une nouvelle requête. Aucun filtre ne permet en revanche d’isoler ces requêtes.
C’est ce point de départ qu’a exploité Jan-Willem Bobbink, consultant SEO, dans une étude publiée le 14 octobre 2026 sur le site de GSC Wizard. Son raisonnement : faute d’étiquette, la seule preuve se trouve dans la forme des requêtes elles-mêmes. Une requête tapée dans un moteur ressemble à une requête. Un message adressé à un assistant ressemble à un message. « Yes please » n’a de sens que comme réponse à une proposition de l’IA.
L’auteur a classé toutes les requêtes de type « Web » de 155 propriétés Search Console, semaine par semaine, de juin 2025 à septembre 2026. Il s’est appuyé sur le classificateur du rapport « Query Analysis » de GSC Wizard. Trois catégories sont retenues comme « AI-shaped », c’est-à-dire de forme conversationnelle :
- Réponses brutes (« reply artefacts ») : des réponses sans contexte comme « yes », « sure », « show me » ou « try again ».
- Relances pivot (« pivot follow-ups ») : des comparaisons posées en cours de conversation, comme « what about gemini » ou « how about in chinese? ».
- Questions conversationnelles : des questions adressées à un interlocuteur, comme « is it free » ou « can you… ».
D’autres formes sont repérées mais exclues du décompte. C’est le cas des requêtes générées par les outils de suivi de visibilité dans les IA, des instructions machine entières enregistrées comme une seule requête, des opérateurs de recherche, des textes collés (messages d’erreur, par exemple) et des requêtes longues sans marqueur clair.
Les réponses tapées à l’IA ont été multipliées par 21 en seize mois
En juin 2025, les réponses brutes représentaient 5,6 occurrences par million d’impressions. En septembre 2026, elles atteignaient 116 et apparaissaient sur 94 des 155 sites. La hausse a démarré fin 2025 et s’est accélérée à partir de janvier 2026. Elle a culminé en avril et début mai 2026, entre 130 et 138 par million, avant de retomber à 68 la semaine du 22 juin, puis de remonter vers 120 en septembre.
La réponse la plus fréquente est aussi la plus simple : « yes », relevé sur 77 sites. Viennent ensuite ses équivalents dans d’autres langues (« ja », « si », « oui », « да »). Voici les exemples les plus répandus par catégorie, l’auteur ne citant que des requêtes présentes sur au moins trois sites :
- Réponses brutes : « yes » (77 sites), « ja » (73 sites), « yes please » (62 sites).
- Relances pivot : « what about this » (20 sites), « what about salary » (13 sites), « how about this » (12 sites).
- Questions conversationnelles : « in english please » (35 sites), « give me more » (20 sites), « is it good » (19 sites).
Pour Jan-Willem Bobbink, ce schéma correspond à un assistant qui termine sa réponse par...