Derniers Articles
Screaming Frog SEO Spider 24.0 : intégration de l’IA et automatisation accrue Goossips SEO : API d’indexation Comment Bing intègre la sécurité au cœur de la recherche IA L’édition de mai 2026 de Réacteur est en ligne ! Google publie son premier guide officiel pour apparaître dans les résultats IA Google précise que ses règles anti-spam s’appliquent aussi aux réponses IA Google Discover offre des profils enrichis à 54 éditeurs : ce qu’ils en font vraiment Comment les IA choisissent leurs sources : retour sur le concours GEO GreenRed HubSpot AEO : un nouvel outil pour booster votre visibilité dans les résultats de recherche IA Google prêt à revoir sa politique anti-parasite SEO pour les éditeurs de presse européensLire l'article complet : Presse traditionnelle vs IA : faut-il choisir un camp ?
Publié le 19/02/2025 à 08:00:00 par Abondance
Presse traditionnelle vs IA : faut-il choisir un camp ?
Ce qu'il faut retenir :
- Plus de 1 000 sites francophones générés par intelligence artificielle ont été recensés par Next & Libération, utilisant des techniques SEO pour capter l’audience et les revenus publicitaires.
- Les journalistes dénoncent des pratiques nuisant aux médias traditionnels par le détournement de leur trafic et l'exploitation de contenus parfois non sourcés ou plagiés.
- Les éditeurs dénoncent l'hypocrisie des rédactions : elle utilisent l'IA et l'automatisation pour investir des espaces en dehors de leurs lignes éditoriales tout en reprochant ces pratiques aux autres.
L'avis tranché des journalistes : les médias full-IA polluent le web
Le 6 février 2025, les médias Next et Libération ont publié deux articles, faisant suite à plusieurs mois d'enquête sur des médias francophones générés par IA, visiblement au nombre de 1000 et quelques : "un recensement forcément non exhaustif". Le postulat du journaliste Jean-Marc Manach, à l'origine de l'enquête : ces "faux" médias polluent le web et Google, prenant la place des "vrais" médias (comprendre : traditionnels) en les copiant et en les plagiant.
"Une nouvelle ruée vers l’or se déroule sur Internet. Des entrepreneurs rusés, profitant des coûts dérisoires et des performances de l’intelligence artificielle générative, inondent actuellement le web de petits «sites d’actualités» où sont publiés, de manière automatisée, des contenus tantôt paraphrasés, tantôt plagiés, quand ils ne sont pas simplement inventés." - Libération
Cette apparition d'une multitude de sites médias inquiète fortement la presse dite "traditionnelle". En effet, ces sites sont vraisemblablement créés par des référenceurs professionnels (ayant donc une meilleure compréhension que les journalistes du fonctionnement des moteurs de recherche). Ces entrepreneurs ne cherchent pas à partager de l'information mais à seulement tirer profit des bénéfices issus de leur trafic Google Discover (affiliation, vente de liens, etc.).
Une concurrence jugée déloyale par les journalistes des médias traditionnels, considérant ces sites comme des "parasites" (d'après Florent Rimbert, responsable du pôle développement numérique de l'Apig), volant une partie de leurs revenus et trafic :
"L’ampleur du manque à gagner est actuellement difficile à estimer. Si la majorité des sites fantoches identifiés dans le cadre de cette enquête semblent générer peu de trafic, une vingtaine de plateformes francophones engrangent chaque mois les clics des dizaines de milliers de visiteurs – des proportions qui rivalisent, voire surpassent, certains petits acteurs de la presse française." - Libération
Cette concurrence déloyale est aussi vecteur de désinformation selon les journalistes : en cumulant faux profils de rédacteurs et hallucinations des IA, certains sites ont diffusé de fausses informations. Il citent "Boris", un éditeur interviewé pendant leur enquête : «L’an dernier, s’amuse Boris, l’un de mes sites a mis en avant, photo à l’appui, une manifestation annuelle… qui ne s’était pas tenue depuis 2006. La maire de la ville concernée nous a contactés, en nous demandant comment il était possible que nous mettions en avant une photo d’un événement qui n’existait pas. Nous avons supprimé dans la foulée…»
Ces sites sont d'ailleurs mentionnés comme "sources" au sein même de Wikipédia :
"Nous leur avons depuis transmis à la liste des 1 066 sites GenAI identifiés à ce jour : 443 sont mentionnés comme « sources » et notes de bas de page sur Wikipédia, soit plus de 40 % du total. La liste de ces noms de domaine va désormais permettre aux contributeurs de l'encyclopédie de vérifier combien peuvent légitimement continuer à y figurer, ou pas (nous y reviendrons)." - Next
Mais cette guerre va plus loin qu'une simple opposition entre deux formes de rédaction - l'une journalistique, et l'autre IA. Jean-Marc Manach et Libération ont été jusqu'à contacter Google, pour leur fournir une liste des sites qu'ils avaient détecté comme générés par IA, attendant que la firme fasse un grand ménage dans les sites mis en avant :