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Publié le 18/09/2024 à 08:31:17 par Neper

Mieux que les Google Leaks : les Justice Leaks

Il y’a quelques mois le petit monde du SEO s’était enflammé suite aux Google Leaks. Si vous avez raté / oublié cet évènement, voici le lien vers l’article que nous avions fait à l’époque sur le Blogarithme Népérien :

Mais avec un peu de recul, les informations que l’on a pu tirer de ces documents manquent de contexte, ce qui rend leur exploitation pour des tactiques SEO impossibles. Cela permet tout juste de comprendre un mieux le fonctionnement particulier de Google Search.

Même sur ce dernier point, les principales conclusions que Rand Fishkin et Michael King sont parvenus à en tirer dans leurs articles dévoilant les Leaks s’appuient sur des informations qui ne figurent absolument pas dans les Leaks. En réalité, quand ils parlent de Navboost, Glue ou Tangram, ils reprennent des informations divulguées fin 2023, lors du témoignage de Pandu Nayak (à l’époque VP Search de Google) devant la justice américaine.

Quand Google se voit forcer de communiquer des informations internes, à son corps défendant

Ces temps-ci, la principale source d’informations cachées sur le fonctionnement de Google Search, ce sont les pièces que la Justice Américaine a imposé à Google de divulguer. La procédure accusatoire aux Etats Unis permet aux parties adverses de forcer l’autre partie à produire des documents ou des éléments de preuve, pourvu que cette demande soit acceptée par le Juge.

C’est ainsi que, lors de différentes procédures, Google a dû communiquer à la justice (et aux plaignants) des documents et des informations internes : chiffres, emails, rapports, deck powerpoints etc…

Les tribunaux US ont l’habitude de rendre l’accès public à certains de ces documents possibles. Seules les informations dont la divulgation ne serait pas dommageable pour la partie qui les a produites sont publiées dans ce cadre. Et il est d’usage de « censurer », parfois abondamment, les passages des documents qui contiennnent des informations qui pourraient être utilisées contre l’une des parties, par des concurrents par exemple/

Par ailleurs, la procédure accusatoire donne lieu également à des séances où des témoins clés sont passés sur le grill par les avocats de la partie adverse, et sont forcés de répondre à des questions souvent embarassantes, car la sanction en cas de parjure est dissuasive.

C’est dans ce cadre que le VP Search de Google a du lâcher des informations clés sur l’algorithme. Informations qui ont été publiées dans les transcriptions des interrogatoires qui ont été rendus publics, contrairement aux documents qui ont servi à sélectionner les questions à M. Nayak.

Ce que l’on apprend dans la décision du juge Mehta

Le 5 août dernier, la décision finale dans le procès DOJ vs Google a été publiée. A cette occasion, un document de 285 pages à été fourni pour présenter l’argumentation qui a abouti à cette décision du Juge Mehta. Et encore une fois, ce document contient quelques informations qui sont à elles seules des pépites intéressantes à signaler.

Si vous souhaitez consulter ce document, voici le lien pour le télécharger

https://www.texasattorneygeneral.gov/sites/default/files/images/press/Google%20Search%20Engine%20Monopoly%20Ruling.pdf

Et voici un florilège des informations qui sont restituées dans ce document. Elles résument des éléments figurant dans des documents non communiqués au public, ou les contextualisent. Mes commentaires sont en italiques.

L’algorithme de classement fait un usage intensif des données utilisateurs

Cette procédure contre Google a permis de révéler le niveau d’utilisation des données utilisateurs dans son algorithme de classement.

Pourquoi ? Parce que le DOJ a utilisé comme argument pour prouver la violation...